Après la destruction de la police municipale, reste à dealer avec les dealers

Villejuif : reste à dealer avec les dealers

Cela pourrait être une mauvaise blague, c’est pourtant ce que dit à demi-mot un « médiateur » de Villejuif interviewé par Le Parisien, ce vendredi 24 juin 2022.

Rappelons qu’après deux années ponctuées d’une multitude de promesses, d’annonces, de dénis et de contre-vérités, Pierre Garzon, maire de Villejuif, et Sylvie Mantion, adjointe à la Tranquillité et la prévention, sont contraints d’admettre aujourd’hui une situation très alarmante à Villejuif.

L’article du Parisien fait état de chiffres impressionnants et surtout significatifs d’une très nette détérioration de la tranquillité publique : « Mais les indicateurs s’envolent pour les « atteintes à la tranquillité publique » : + 192% de rixes, + 127% de tapages, + 550% de ventes à la sauvette ».

Pour les autres types de délit la mairie de Villejuif avance des chiffres largement contestés par des associations de riverains, comme le collectif Tranquillité pour tous. Par ailleurs, tous les habitants de la ville constatent que les trafics de drogues et de cigarettes se sont installés et bénéficient, eux, d’une troublante tranquillité.

La question est ici de savoir ce qui justifie la destruction de la police municipale mise en place durant la mandature précédente. Ici, il semble bien que l’idéologie l’emporte. Le maire et son adjointe évoquent depuis deux ans leur volonté de « réorienter » l’action de la police municipale, de « réconcilier » les habitants avec une « police de proximité ».

Une première question se pose : qui fallait-il « réconcilier » avec la police municipale précédente, tant celle-ci était perçue par le plus grand nombre comme un service public nécessaire et efficace ?

Une seconde question se pose : quelle méthode, quelle organisation particulière garantit à une « police de proximité » d’être plus efficace ? Le maire affirme avoir multiplié les « dispositifs » pour assurer la tranquillité publique. Ces dispositifs visent en gros à diversifier les types d’agents présents sur la voie publique : policiers municipaux et « médiateurs ». Au-delà du fait que, au bout de deux années de recrutement et de constitution des équipes, la ville ne compte plus que quatre agents titulaires, que donc les effectifs sont très largement insuffisants, il reste que la manière dont certains « médiateurs » conçoivent leur mission peut étonner. Le Parisien donne la parole à l’un d’entre eux : « On doit créer du lien avec les habitants et apaiser les tensions, résume leur responsable. Nous sommes sollicités pour des points de deal, de nuisance de jeunes, des dépôts sauvages, des conflits de voisinage, du harcèlement scolaire… Notre devoir, c’est la confidentialité. On n’est pas des balances.(Sic) »

Les propos de Sylvie Mantion qui suivent et qui semblent vouloir appuyer et justifier une telle déclaration : « Parfois, la répression ne suffit pas et ne fait qu’augmenter la violence. Il faut agir autrement et mener un travail de fond. »

En l’absence d’effectifs, pour la « prévention » comme pour la « répression » – les difficultés de recrutement ne semblent d’ailleurs générer aucune interrogation particulière sur l’orientation prise par la municipalité en matière de sécurité – ces propos paraissent irresponsables et trahissent une confusion particulièrement inquiétante pour notre ville.

Restons vigilants.

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